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01 janvier 2002

Le train des arts - La littérature

Le dixième art

La littérature, non plus, n'a jamais été en reste pour se tremper sans retenue dans les emprises ferroviaires. Outre de nombreuses oeuvres se situant à une époque où le train représentait le seul moyen pratique de locomotion sur terre et se devait donc d'entrer comme tel dans l'intrigue, plusieurs histoires sont réellement articulées sur le thème même du chemin de fer. En France, on pense immédiatement à Henri Vincenot avec « Les chevaliers du chaudron » ou avec « Mémoires d’un enfant du rail » ou encore à Etienne Cattin avec « Les dévorants ».

Un classique dans la collection du Livre de poche



Mais avant eux, il y avait eu « La bête humaine » d’Emile Zola. Ce livre n’est peut-être pas le meilleur de ce magistral auteur du XIXe siècle, mais sa trame est construite tout entière sur le thème du chemin de fer et il regorge de descriptions d’époque très précises à ce sujet. Tout ferrovimane se doit de le lire. Le plus frappant est de constater comment la locomotive à vapeur faisait alors figure de créature de chair et de sang. Dans Zola, la Lison (c'est le nom de la machine) est décrite comme un animal puissant, obéissant docilement aux gestes de son mécanicien.
Somme toute, Zola ne fait qu'imiter Victor Hugo qui écrivait dans « Voyage en Belgique » : « Il faut beaucoup d'efforts pour ne pas se figurer que le cheval de fer est une bête véritable. On l'entend souffler au repos, se lamenter au départ, japper en route ; il sue, il tremble, il siffle, il hennit, il se ralentit, il s'emporte ; il jette tout le long de sa route une fiente de charbons ardents et une urine d'eau bouillante ; d’énormes raquettes d'étincelles jaillissent à tout moment de ses roues ou de ses pieds, comme tu voudras, et son haleine s’en va sur nos têtes en beaux nuages de fumée blanche qui se déchirent aux arbres de la route. »

Il faut bien avouer qu'au temps où les locomotives grondaient en crachant leurs fumées, il était facile de les considérer comme des créatures vivantes. C’est là le summum du lyrisme dans la manière d'interpréter la réalité ferroviaire. Mais d'autres auteurs ne considèrent les trains que pour ce qu'ils sont et leur découvrent quand même de formidables ressources théâtrales. Comment ne pas penser par exemple au « Crime de l’Orient-Express » d’Agatha Christie, dont le suspense est directement conditionné par l'univers clos du train lui-même ?

Christophe Franchini

Auteur et directeur de la publication

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